14 janvier 2013

Au pays de la mémoire blanche

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Fruit de cinq années de travail, pour un résultat magnifique de perplexité et de beauté, Au pays de la mémoire blanche est un ouvrage rare, pas forcément facile à appréhender. Chacune de ses images (réalisées à l'huile sur toile) est un tableau superbe.

L'histoire commence avec la phrase : "Au début, c'est blanc dans ma tête". Ce qui nous parait être un chien, dénommé Rousseau, engoncé dans des bandelettes, rescapé d'un attentat, se réveille dans une chambre d'hôpital, sans aucun souvenir du monde qui l'entoure. Un monde oppressant qui semble soumis à une guerre terrible, où les chats paraissent être des anarchistes.

"J'écoute la valse des rafales. Étrangement, je n'ai pas entendu un seul cri, même au plus loin dans la nuit. Est-ce que les gens jouent à se manquer ? Ou sont-ils éduqués à mourir en silence ?"

Un monde policé, que la palette sombre de Stéphane Poulin rend inquiétant, et que Rousseau va redécouvrir. Un univers fantasmagorique, que traverse Rousseau avec mélancolie, où les murs sortent de terre, où les licornes apparaissent ensanglantées et où les chats sont la cible des "tueurs de rêves".

"Parce que ta mémoire est blanche, tu crois pouvoir changer le monde sans violence, idiot que tu es !"

Rousseau va alors tenter de changer les choses et  libérer les chats de l'oppression...

Un très beau roman graphique onirique, mais à l'histoire parfois déroutante. L'album a été coédité avec Amnesty International, dont il reprend les problématiques (la lutte contre la discrimination).

Posté par Caroline Dumont à 17:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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