15 janvier 2013

L'âge des miracles

L-age-des-miracles--YA

"Ç'avait peut-être commencé avant le ralentissement, pourtant je ne m'en suis rendu compte qu'après : mes amitié se désintégraient. Tout se délitait. C'était une traversée difficile, celle qui menait de l'enfance à l'âge suivant. Et comme n'importe quel périple éprouvant, tout n'y survivrait pas."

En Californie, une jeune fille, Julia, 11 ans, se confronte à une terrible nouvelle : la vitesse de rotation de la Terre ralentie. Les jours s’étirent, passant de 24 heures, à 26 jusqu’à une soixantaine d’heures. Le chaos commence : les médias tournent en boucle, les scientifiques se défilent, l’angoisse commence. Peu à peu, la population se divise : les partisans du Temps réel d’un côté, s’organisant en communauté, le reste de l’autre, suivant le temps ancien préféré par le gouvernement. Arrivent alors des aberrations : les gens se murent le jour pour dormir, les enfants vont à l’école lorsque la nuit est tombée ; faute de lumière les fruits et légumes ne poussent plus, les oiseaux tombent et meurent désorientés par la gravité changeante, l’ordre des marées se dérègle, les animaux marins s’échouent. L’homme va tenter de s’adapter…

L'âge des miracles (quel joli titre !) est un roman d'anticipation étonnant, son rythme est assez lent. On voit ce qui semble se rapprocher le plus de la fin du genre humain, et à travers les yeux de la jeune adolescente, tout semble se nimber de la saveur des choses faites pour la dernière fois, des petites choses comme la saveur d’une banane ou sentir le soleil sur sa peau se teintent d’un goût mortifère : les bananes ne pousseront plus jamais et les rayons du soleil deviendront des radiations mortelles. Les modifications terrestres vont également avoir un impact sur le comportement humain, la stabilité et la raison vont être mises de côté au profit du déchaînement des pulsions, des peurs : impact que va subir de plein fouet la propre famille de Julia. Le côté "catastrophe" de l'histoire se double d'un récit d'apprentissage, avec le personnage de Julia qui nous offre ses souvenirs d'adolescente en devenir.

Une jolie découverte, un roman contemplatif empreint d'un ton mélancolique d'une grande justesse.

"Après le collège, nous descendions en expédition dans le canyon, à la recherche de squelettes d'oiseaux - ils étaient partout, une profusion d'os et de plumes, aussi nombreux que des coquillages. Nous partions en quête du dernier eucalyptus vivant, que nous trouvâmes, nous en étions convaincus, sur un promontoire de grès, près de l'océan. Nous collectionnons les derniers brins d'herbe du voisinage. Nous gardions les dernières fleurs de pâquerettes, soucis, chèvrefeuille. Nous pressions les pétales entre les pages de dictionnaires. Nous entreposions sur nos étagères des reliques de notre époque (...). Les jours d'obscurité, Seth dessinait des cartes des constellations, comme si les corps célestes couraient le risque, eux aussi, de tomber."

Posté par Caroline Dumont à 18:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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