14 novembre 2014

Je suis hantée par les humains....

cvt_La_Voleuse_de_livres_2718

 

1939. Allemagne nazie.

"...J 'ai eu nombre de tournées à faire, cette année là, de la Pologne à l'Afrique et retour, en passant par la Russie. Vous me direz que je fais des tournées, de toute façon, quelle que soit l'année, mais parfois l'espèce humaine accélère les choses. Elle augmente la production de cadavres et d' âmes  qui s'en échappent..... Je me plains intérieurement tout en vaquant à mes taches, et, certaines années, les âmes et les corps ne s'additionnent pas; ils se multiplient.... Et puis il y a la mort. Moi la narratrice. Qui me fraie mon chemin dans tout cela. En surface : imperturbable. En dessous : défaite, déconcertée, déboussolée....Et puis Hitler est arrivé. On dit que la guerre est la meilleure amie de la mort, mais j'ai une autre opinion là dessus..."

Quelle surprise au début de ma lecture que de constater que la narratrice des cette histoire n'est autre que la mort elle même! Et puis le roman commence, cette "grande faucheuse" que l'on pourrait croire insensible, nous donne son opinion sur le comportement humain. Et surtout, elle tient à nous raconter l'histoire d'une jeune fille Liesel, qu'elle a rencontré à plusieurs reprises, mais pour qui le moment n'était pas encore venu. Et l'histoire commence.

 

Liesel est une jeune fille, dont les parents, communistes, persécutés par le régime nazi, doivent la confier à une famille d'accueil. Et quelle famille  : les Huberman, Hans et Rosa....Tout doucement et grâce à l' amour de son papa d'adoption, Liesel va trouver sa place parmi eux. Elle va découvrir la force et le pouvoir des mots, elle qui pourtant ne sait même pas lire. A force de travail et d'acharnement, tous les soirs avec comme outils de travail un livre trouvé dans un cimetière, ils vont Hans et Liesel apprivoiser les mots et se rendre compte de leur puissance. Les mots, la lecture sont pour Liesel, la bouffée d'oxygène qui lui est nécessaire pour survivre dans cette Allemagne nazie, cruelle, dure, injuste et dangereuse. Ce besoin de mots la poussera à aller chercher les livres là où ils se trouvent, dans la bibliothèque de la femme du maire par exemple. Ce qui lui vaudra ce surnom : la voleuse de livres.

Ce roman nous apporte la vision d'une jeune adolescente sur  la guerre menée par les nazis et de ses conséquences dans l'Allemagne elle-même. Liesel va se rendre compte de l'ampleur de l'horreur de cette guerre quand Max, un jeune juif vient se réfugier dans la cave de Huberman. Un lien très fort  unit Liesel et ce jeune homme, ils ont en commun le fait d' être persécutés par le régime nazi, mais surtout ils ont en commun l'amour des mots... Elle lira pour lui, il écrira pour elle....

 

"...les meilleurs secoueurs de mots étaient ceux qui avaient compris le pouvoir des mots. Ceux qui pouvaient monter le plus haut. Parmi eux se trouvait une fillette toute menue. On la considérait comme la meilleure secoueuse de mots de la région, car elle savait que sans les mots, on était réduit à l'impuissance... Du coup, elle était capable de monter plus haut que les autres. Elle était poussée par le désir. Elle avait faim de mots..."

 

Ce roman est le récit d'une vie d'enfant qui malgré les affres de la guerre va continuer à mener sa vie d'enfant, bien que les conditions lui imposent de grandir plus vite que prévu... En effet Liesel, vit sa vie de jeune fille entre le football avec les garçons de son quartier, en particulier avec Rudy, son voisin, son camarade, ... et pas que, l 'école, les taches quotidiennes à la maison,....

 

J 'ai été captivé par ce roman car il nous plonge dans un univers très particulier, dans un bulle d'amour au milieu de ce conflit si dur, si terrible, qui finira par rattraper  Liesel, sa famille, ses camarades. On y découvre aussi un aspect très particulier de cette Allemagne nazie, prête à faire payer très cher à ses compatriotes le fait de ne pas adhérer à son idéologie meurtrière.

Un très beau roman, plein d'amour, d'espoir, de peur, d'humanité... un témoignage (certes nous sommes dans un roman!!) qui nous démontre que même dans les moments les plus noirs de son histoire, le genre humain est encore capable de faire preuve d'humanité.

 

Un très bon moment de lecture.

Ce roman a faire l'objet d'une adaptation cinéma en 2013.

 

La_Voleuse_de_Livres_affiche

 

Posté par VirginieDelattre à 10:48 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,


Commentaires sur Je suis hantée par les humains....

    belle critique! j'ai honte car ce livre est dans ma PAL depuis un bon moment et je n'y pensais plus. il va falloir que je le lise car" l'histoire" me plaît beaucoup et les critiques sont pratiquement unanimes ...

    Posté par Eve-Yeshe, 14 novembre 2014 à 15:12 | | Répondre
  • N'hésitez pas à<3 venir visiter mon blog !

    Posté par Cyliadeslivres, 03 février 2015 à 09:25 | | Répondre
Nouveau commentaire