24 juillet 2014

On aimerait juste l'oublier, mais le silence ça n'est pas l'oubli....

le_parloir

 

LE PARLOIR

 

" Il maudit la lettre M à chacun de ses pas. Le M de mitard, Le M de mort, Le M de meurtrier. Il vomit la lettre M . Le M de maman, de Misère Morale, de Maison d'arrêt...."

 

Eric Sanvoisin, nous propose ici un roman très court mais très fort sans concession, quelque fois même brutal. Un roman qui aborde l'univers carcéral au travers de l'histoire Yan, 17 ans.

Yan est incarcéré. On l'apprend au fil des pages, il a tué un homme, il a tué le père de sa petite amie : Déborah. On ne connaît en aucun cas les circonstances de cet acte. Le sujet n'est pas là.  Le sujet c'est Yann, dans cet univers carcéral. Yan qui, depuis son  incarcération ne parle plus. Il ne veut plus? Il ne peut plus?

 "Car si la vérité est lourde à porter, il est encore plus dur de s'en débarrasser...."

Ce silence ne joue pas en sa faveur, rend son incarcération très difficile, il est jeune, il subit de ce fait la rudesse de la prison, de ses occupants de façon très brutale....

Yann n'existe plus, il est là mais en dehors de sa propre histoire. Yan n'est plus, il n'est plus que le matricule 7216. Il n'est plus qu'un numéro dans cet univers carcéral froid, violent, brutal, fait de routine, de parloir, de couloirs, de tours de clés, la promiscuité de la cellule,.... 

"Le silence n'existe pas ici. Il y a du bruit partout, à toute heure du jour et de la nuit. Des cris, des bruits de pas sur le béton, des semelles ferrées qui frappent les marches des escaliers métalliques, des bagarres, des plaisanteries grivoises, des menaces, des insultes...mille bruits, mille occasions de devenir fou..."

Les parloirs, ces lieux où l'on parle à sa famille (Laure sa grande soeur, sa mère), à son avocat. Mais Yan lui ne parle pas, mais il y a des silences qui en disent long....

Laure va donner à Yan les clés pour à nouveau s'exprimer...Il le fera, ce qui apporte à ce roman une fin , brute, mais très étonnante....

 

 Il est un roman dans lequel on se sent "enfermé", emporté avec Yan dans ces couloirs, derrière ces portes de parloir, derrière ces surveillants. On lit ce roman au rythme de cette vie carcéral.

"Parloir" fait partie de ces romans qui vous marque, que l'on oublie pas.

 

 

 

 

Posté par VirginieDelattre à 16:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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