04 novembre 2013

Les ailes de la Sylphide de Pascale Maret

Les ailes de la Sylphide

Lucie est danseuse, elle a toujours rêvé de devenir une créature souple, exquise, et gracieuse depuis toute petite. Cette année, elle rentre au Conservatoire de Lyon. Elle fait les allers-retours entre Lyon et sa ville d'origine, Chalieu, où vivent ses parents dans un beau pavillon à l'orée d'une forêt. Solitaire, secrète, Lucie n'a jamais d'autres amies que la solitude et sa passion pour la danse classique. On sait peu de choses d'elle, à part ce désir pour la danse depuis la vision qu'elle a eu, enfant, des danseuses d'un ballet, graciles silhouettes, devenant à ses yeux un idéal de perfection et de beauté. Recueillie et adoptée à la naissance, Lucie est entourée d'amour par ses parents, un peu trop protecteurs mais adorant leur fille. Cette année, pour le spectacle de danse monté par le Conservatoire, le ballet La Sylphide fut retenu. La Sylphide, c'est une belle et sombre histoire d'amour tragique entre un mortel et une Sylphide, une nymphe ailée vivant dans les bois. Le ballet est le préféré de Lucie, qui va être retenue pour le rôle principal. Dès cette annonce, la jeune va sentir un changement en son être : des ailes lui poussent sous les omoplates...Hallucination, fantasme, ou est-ce que Lucie deviendrait-elle sylphide à son tour ?

Mythe de la perfection, récit où doucement le fantastique s'immisce sans jamais que l'on ne sache si il est réel où si il provient de l'imagination de Lucie. Le début du roman m'a un peu fait penser à l'univers de Black Swan, le film de Darren Aronofsky, où l'héroïne était entièrement tendue vers son idéal de perfection, ce parfait contrôle, tout comme Lucie pour qui le corps est son instrument, où le physique doit triompher du mental, faire taire toutes pensées et ne vivre que pour virevolter, danser et devenir féérique comme les sylphides... Ainsi, Lucie se concentre là-dessus, pas d'autre choses que la danse, pas de sorties, un régime très strict, pas de garçon, le sexe en est même inconcevable. Elle a la curieuse impression d'être "en dehors" de tout, et cela lui convient parfaitement. Sa vie austère va de pair avec la poursuite de son idéal.

"Moi, je voulais au contraire que mon corps s'éloigne de l'animalité, qu'il devienne un instrument capable de créer de la beauté en se pliant aux règles de l'art."

L'incursion dans le fantastique va se manifester par cette paire d'ailes translucides, puis par la découverte dans les bois d'un monde féerique, peuplé de sylphides. Un monde que Lucie est tentée de rejoindre. Puis le récit aux allures de conte sombre est troublé par certains éléments que le lecteur verra, ou pas... Et si cette histoire en cachait une autre, bien plus réelle et crue, tapie dans l'ombre ?

À l'image de la jolie couverture arachnéenne, le lecteur est pris dans les toiles d'un récit plus complexe et moins aérien qu'il n'y parait. Le final est effroyable, la réalité y reprenant ses droit, vérité que le lecteur pressent tout au long du récit. Je n'en dirais pas plus, si ce n'est qu'il y sera plus question d'envol que de métamorphose dans ce roman étonnant...

Posté par Caroline Dumont à 13:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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