23 septembre 2013

Gimme the loot de Adam Leon

Gimme The Loot

Malcolm et Sophia sont partenaires, partenaires de graff. Dans les quartiers prolétaires du Bronx, les deux jeunes passent leur temps à graffer et tagger, et le reste du temps à voler les bombes pour continuer à inscrire leurs noms sur les murs de New York. Un jour, ils découvrent qu'un autre gang a taggé un de leurs graffitis. Pour se venger, Sophia et Malcolm se lancent un défi d'envergure : tagger la pomme géante du Shea Stadium, celle qui apparaît lorsque l'équipe des Meets gagne. Un challenge puissant, car pour celui qui parviendra à graffer la pomme, "son nom résonnera dans les quartiers". Un agent de sécurité du stade accepte de les aider sur ce coup, seul condition : 500 dollars. Les deux kids vont alors tenter de réunir l'argent en moins de quarante-huit heures...

S'enchaîne alors une course folle à l'argent, chronique urbaine d'une banlieue désargentée et d'une jeunesse énergique. Gimme the loot, qui peut se traduire par "file moi le flouse", est avant tout le récit d'une ville : New York, mais du côté des pauvres, du côté d'une classe moins souvent représentée au cinéma. Ici, la vie de quartier est montrée dans ce qu'elle a de plus solaire : le dynamisme, le langage vif voire très cru de nos deux héros, le ton y est léger, les dialogues quasiment permanents, piquants, drôles, presque slammés. L'écart garçon-fille aboutit à des échanges comiques et intimes hilarants (comme l'épisode où Malcolm se lâche sur l'inconfort des préservatifs devant Sophia !). Petits larcins, débrouille, trocs rythment la vie du quartier, où le quotidien est dévoilé sans misérabilisme. Le film se double d'un réalisme social, rappelant que la guerre des classes n'est jamais bien loin : quelques moments doux volés avec une jeune blanche bourgeoise sont aussitôt enterrés après une scène cruelle d'humiliation sociale rappelant à Malcolm sa condition de dealer.

Les comédiens sont parfaits de naturel : Sophia est un beau personnage de femme, fière, combative ; Malcolm quand à lui, malgré ses airs de dur, est un "tendre", un rêveur qui s'apercevra tardivement que sa partenaire est peut-être autre chose à ses yeux... Le périple devient alors sentimental, et les deux jeunes se quittent avec chacun un sourire aux lèvres.

Bien sûr, on peut trouver des défauts au film : il possède certains tics des films indé (caméra DV qui accentue l'aspect énergique, mise en scène un peu brouillonne, un scénario léger), toutefois le film est euphorisant et propose une chronique urbaine excitante et tendre. Un mot sur la BO, qui participe à l'impression de vitalité du film.

Posté par Caroline Dumont à 15:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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