26 juillet 2013

"Au fond de la rivière, plus aucun caillou ne brille, ni ne luit. Tous sont en deuil de toi."

ma vie ne sait pas nager

"Est-ce que tout le monde ressent ça ? Et si tout le monde est empêtré dans sa solitude et son ennui comme moi, pourquoi tout le monde fait- il semblant ? Est-ce que tout le monde a mal comme j'ai mal? Est-ce qu'on a tous une pierre accrochée au cou qui nous entraîne irrémédiablement au fond ? Et si oui, pourquoi certains coulent et d'autres arrivent à flotter ? Pourquoi moi je ne flotte pas ?"

Voici ce que pense, ce que ressent Geneviève à propos de sa vie.

Geneviève fait partie d'une famille unie, elle a une soeur jumelle, une vie qui lui sourit.

En fait, elle était douée tout court : écriture inspirée, sombre mais inspirée... Récompenses sportives (elle est une grande nageuse), le dessin qui lui avait toujours permis d'extérioriser les monstres qui le rongeaient de l'intérieur (dessin que l'on retrouvent tout au long du roman).

Mais Geneviève ne ressent pas les choses ainsi et décide de mettre fin à ses jours.

Le monde s'écroule alors pour sa famille... Le chagrin, l'incompréhension, la colère, la peur... Pourquoi?

Chacun des membres de cette famille va réagir à sa manière...La mère est anéantie,  le père se réfugie dans le ménage de façon thérapeutique, la grand-mère exprime son chagrin par la colère et les reproches (qu'avez-vous dit ou pas dit, qu'avez-vous fait ou pas fait?...) et Lou-Anne la soeur jumelle de Geneviève si proche, si complice et pourtant si différente.

"Moi le côté  jour, elle le côté nuit...Nos goûts étaient diamétralementt opposés  en tout... moi le sucré, elle le salé, moi les vêtements pâles, elle les foncés. Je ne me serais jamais suicidée."

Lou-Anne se retrouve au milieu de tout ça, seule, invisible aux yeux de sa mère, plus elle même comme elle dit elle ne sera plus jamais jumelle .."Ce qu'on verra de moi, ce ne sera plus la copie de ce qu'aurait été ma soeur, mais bien ce trou béant qu'elle aura laissé en moi..." Elle fait face, essaie de comprendre, supporte le regard des autres, l'indifférence, la peur, la tristesse. Jusqu'à une rencontre avec Simon, un élève de son lycée qui lui peut la comprendre. Il a vécu la même chose. Il va lui permettre alors d'avancer, de continuer et avec le temps commencer à comprendre le geste de Geneviève.

Voici un récit émouvant, très dur (il y a des descriptions du geste de Geneviève à la limite du supportable ) qui aborde le mal-être, le mal de vivre de certains ados mais aussi certains adultes. Ce récit n'apporte aucun jugement, il se contente d'exister et d'aborder un sujet difficile. Ce récit, à destination d'un public averti, montre que tout est possible, que rien n'est jamais perdu. "Tout passe. Comme la marée monte et redescend. Il y aura toujours des moments à marées basses, mais ils seront nécessairement suivis de marées hautes. Il faut y croire. c'est la vie. C'est l'ordre naturel des choses."

Une lecture bouleversante pour lecteur averti.

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Posté par VirginieDelattre à 10:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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