26 juillet 2013

Les orphelines d'Abbey Road - tome 2

Le monde d'Alvenir

"Alvénir. Avec mes amies, j'avais fait là-bas le plus curieux et le plus inquiétant de tous les voyages. Depuis, je rêvais souvent du petit bois de l'abbaye et du grand sapin mort dont la cime nous annonçait le passage d'un monde à l'autre. (...) Les papillons verts, annonçant l'arrivée et le départ de la Grande Chouette, dansaient encore dans ma tête et dans la brise, avant de fondre une fois encore, comme des flocons sur le sol tiède. Depuis mes escapades dans le monde d'Alvénir, j'étais habitée par ces images fortes et féeriques, mais je restais un peu effrayée à l'idée de retourner dans un lieu si peu rassurant."

Le premier tome des Orphelines d'Abbey Road, Le diable vert, se terminait sur une note clairement fantastique avec la découverte du monde d'Alvénir, univers merveilleux où seuls ceux à qui il manque quelque chose ou quelqu'un peuvent y pénétrer. Dans cette suite, Joy s'y rend dans l'espoir d'y retrouver ses parents, accompagnée de Lady Bartropp et de son mari Dawson, afin de récupérer la soeur de celle-ci, kidnappée par la Grande Chouette. La petite Ginger, toujours habitée par "ses voix" va les conduire au-delà de cet étrange monde. Pour récupérer ce qui leur est cher, notre petite équipe va devoir affronter trois épreuves, chacune plus invraisemblable l'une que l'autre...

Telle Alice aux pays des merveilles, Joy croisera sur sa route de nombreuses créatures merveilleuses, illogiques et étranges, notamment un curieux Alonn, être en apparence parfait, doté de yeux violets et d'être serviable, gentil et réconfortant avec ceux qui en ont besoin en tant qu'"Almour"; mais aussi, des Ephémères qui ne souhaitent que "calembrer", et autres créatures plus ou moins amicales de cet univers souvent déboussolant.

Le roman est tout aussi intrigant que le premier tome, même si on a définitivement perdu cette ambiguïté du début. Étant peu fan de fantasy, j'avoue que j'ai eu un peu plus de mal avec ce tome 2. L'univers de l'orphelinat est peu présent - l'excursion dans le monde d'Alvénir occupant une grande partie du roman - or ce qui faisait le charme du tome 1 était, pour moi, l'ambiance gothique de l'abbaye où évolue les jeunes filles. Ici le lecteur est plongé dans un monde pour le moins déconcertant, on est plus du côté du récit initiatique, avec des épreuves à surmonter. On sent qu'Audren a pris du plaisir à monter ce petit monde décalé et merveilleux. On ne peut qu'admirer les trésors d'imagination d'Audren, ses réflexion sur la destinée (voir même en filigrane la création littéraire), ses réflexion sur l'enfance et sa transition vers le monde adulte parsemées de par sa belle et délicate écriture. Toutefois je ne suis pas parvenue à me plonger entièrement dans le récit.

Un petit mot pour la couverture, très belle, de Christel Espié et toujours aussi bien en adéquation avec l'histoire.

"On se serait cru au coeur d'une illustration d'un joli livre d'enfant, et pourtant ce que nous vivions était une histoire inquiétante, désagréable et sérieuse. Une histoire d'adultes. Ce début d'aventure ne me donnait toujours pas envie de grandir. (...) J'aurais aimé qu'une main rassurante se pose sur mon épaule et me reconduise vers mon enfance... Pourtant je n'aimais pas vraiment mon enfance, mais le bond en avant que venait de m'imposer notre escapade m'avait entraînée beaucoup trop loin. Je ne me sentais pas capable d'être grande encore longtemps."

Posté par Caroline Dumont à 14:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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