28 avril 2013

Eric Rohmer le conteur du cinéma

éric rohmer le conteur du cinéma

Aïdée Caillot, l'auteur de ce petit documentaire sur Éric Rohmer, a une très jolie phrase pour définir son cinéma : "On entend autant que l'on regarde". L'ouvrage débute sur un souvenir d'enfance du cinéaste (belle façon d'ailleurs de commencer), le fait que son cinéma rend hommage aux films muets qu'il voyait étant petit. Or pointe l'auteur, le paradoxe est grand tant ses films sont liés à leurs dialogues !

Pour moi, Rohmer fut un grand cinéaste de la parole. La parole libre, tant ses acteurs paraissaient délivrer les mots avec une candeur et une facilité sincère qui semblait relever de l'improvisation. La parole car ses films sont construits autour de la langue, des dialogues qui "agissent comme un charme" comme le précise l'auteur.

Liberté de la parole, mais aussi "cinéma en liberté", car Rohmer avait toute une idéologie d'économie pour chaque film : peu de budget, des décors réels, pas de "stars", des séquences tournées en une seule prise et ainsi une grande part de liberté... Et cela se ressent dans notre rapport à ses films : ils nous semblent proches de nous, véritables petites tranches de vie de personnages dont les contradictions, les hésitations, la spontanéité nous font parfois échos .

Point d'analyse réelle de ses films, mais plutôt un survol des grandes thématiques de son cinéma (Paris, la Nouvelle Vague, la nature, l'improvisation...) et de la personnalité de Rohmer en tant que réalisateur. Le documentaire nous fait découvrir Rohmer tout en légèreté et l'on apprend ainsi quelques anecdotes qui m'ont fait sourire tel que le vrai nom de Rohmer était Schérer, or "Plus tard, on parlera d'acteurs rohmériens et, dit-il, "ça aurait marché beaucoup moins bien avec Schérer..."" !

Un seul petit regret toutefois : que le documentaire aborde peu la thématique des femmes chez Rohmer, celles-ci étant omniprésentes dans ses films et si souvent nécessaires à l'intrigue...

"Elles se nomment Suzanne, Claire, Rosette ou Delphine, Louise, Pauline ou Marion, Reinette ou Mirabelle. Toute une poésie de prénoms féminins, déclinée dans chaque film."

Livre remporté lors de la dernière opération Masse critique sur Babelio, je remercie les éditions A dos d'âne de me l'avoir fait découvrir. Une jolie approche de l'oeuvre de Rohmer, illustrée en toute simplicité par Gianpaolo Pagni, qui en moins d'une cinquantaine de pages, donne envie de (re)découvrir ses oeuvres !

Posté par Caroline Dumont à 17:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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