07 avril 2013

15 ans...

15-charmante-mais-cingle

Comme le titre l'indique, 15 ans Charmante mais cinglée, narre les déboires d'une jeune ado assez décalée dans son genre, avec un sens de l'humour à toute épreuve, et ça marche ! Jess, se décrit elle-même comme étant "Charmante mais cinglée, gros cul, oreilles en chou-fleur, cherche Ben Jones et sinon une burqa pour cacher ses difformités" !

Jess vit avec sa mère divorcée, fana des manif, et son vieil ours en peluche surnommé Raspoutine.  La maison sera bientôt rejointe par la grand-mère de Jess, charmante mamie dont les crimes et les horribles faits divers des journaux sont pour elle l'équivalent de la rubrique people (à noter que son film préféré est Pulp fiction) et qui se trimballe partout avec l'urne de son mari (comprenez-le : lui aussi a le droit de voir le match de foot à la télé !)...

La jeune fille n'a de nouvelles de son père que par téléphone ou texto (il vit en Cornouailles, à 300 kilomètres), et surtout par son "horreurscope" que ce dernier ne manque pas de lui envoyer chaque jour et qui ouvre chaque chapitre, j'ai particulièrement aimé celui-ci : "Aujourd'hui la Lune est en Uranus et Vénus se transforme en menthol. Il y a donc toutes les chances pour qu'un berger allemand pisse sur votre sac".

Le roman commence par une plongée dans le quotidien de Jess qui se constitue, outre sa famille adorablement étrange, de sa meilleure amie Flora qui est la perfection sur Terre, de son pote Fred Parsons qu'elle connait depuis ses trois ans, et surtout de son amour pour Ben Jones - le mec le plus convoité du lycée avec un halo de cheveux blonds, des yeux "si bleus qu'on s'y baignerait", et autres critères qui font de lui un fantasme vivant pour Jess. On retrouve l'univers de la vie d'un lycée typique : les garçons ne savent parler que de GTA ou de logiciels, les profs distribuent des heures de colle en osant employer des termes périmés comme "cancre", les filles stressent pour leurs points noirs...

Peu de véritable intrigue donc, mais plutôt une tranche de vie hautement burlesque (à noter un épisode particulièrement tordant avec de faux seins remplis de minestrone si si !), l'imagination de Jess va à 100 à l'heure et sa façon de décrire son entourage fait mouche :

"Ils arrivèrent chez Flora, qui habitait dans une grande et élégante bâtisse blanche au perron entouré de buis bien taillés dans leurs magnifiques pots. Par mystère, les oiseaux ne faisaient jamais leurs besoins chez elle. Encore un signe que les Barclay appartenaient à la caste des élus. A deux rues de là, chez Jess, c'était très différent. Les chiens errants faisaient la queue pour venir se soulager dans son jardin."

Même si le lecteur (ou plutôt la lectrice - le roman visant clairement les filles) ne se fait aucune illusion sur le final sentimental de l'histoire, les mésaventures de Jess se savourent entre deux éclats de rire et une grosse pincée de tendresse pour cette héroïne farfelue et pour son entourage.

Un petit clin d'oeil à la description du métier de la mère de Jess (et oui en plus d'être féministe, elle est aussi bibliothécaire !!) : "Avoir une mère bibliothécaire était une torture : tout le monde la croisait avec ses chaussures tristes, ses lunettes ringardes et ses tenues de hippie. Certains jours, elle oubliait même de se coiffer"...

Posté par Caroline Dumont à 16:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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